“Cancers du sein lobulaires : Quelles spécificités ?Quelles perspectives ?" - replay & points clés de la webconférence du 15 10 2024

“Cancers du sein lobulaires : Quelles spécificités ?Quelles perspectives ?" - replay & points clés de la webconférence du 15 10 2024

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En cours de traitement pour un cancer localisé
En cours de traitement pour un cancer métastatique
cancer du sein
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« Cancers du sein lobulaires : Quelles spécificités ? Quelles perspectives ? »

C’est un cancer un peu particulier, qui peut passer inaperçu à la mammographie. Afin de comprendre pourquoi le cancer du sein lobulaire est si difficile à diagnostiquer et quelles sont ses particularités, Patients en réseau a organisé une webconférence avec trois professionnels de l’institut Curie : le Pr Paul Cottu, oncologue médical, le Dr Caroline Malhaire, radiologue et le Pr Anne Vincent Salomon, anathomopathologiste. Cette webconférence donne également la parole à Christine Desmedt, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Louvain et à Françoise Feger, patiente et autrice de "Cancer Royal" dont le témoignage est porté par Claude Coutier, présidente du Collectif Triplettes Roses.

La plupart des femmes atteintes d’un cancer du sein estiment que le cancer lobulaire n’est pas un cancer comme les autres. Tel est l’un des enseignements de l’enquête menée au printemps 2024 par Patients en réseau et le collectif Triplettes Roses. « Nous avons souhaité explorer la perception des patientes vis-à-vis du cancer lobulaire, explique Laure Guéroult-Accolas, fondatrice et directrice de l’association Patients en réseau. Pour cela, nous avons interrogé près de 1200 femmes souffrant d’un cancer du sein, dont 107 présentaient un cancer lobulaire ». L’enquête montre que la moitié d’entre elles savent que c’est un cancer plus difficile à diagnostiquer et qu’il est moins fréquent. Le cancer lobulaire représente en effet 15% des cancers du sein. Il ressort également que plus de la moitié des patientes aimeraient avoir d’avantage d’information sur cette maladie et ses traitements.

En outre, si Françoise Feger avait été mieux informée, peut-être aurait-elle pu convaincre ses médecins de poursuivre les examens. Son témoignage, qu’elle a partagé dans un ouvrage illustré intitulé ‘Cancer royal’, sensibilise aux difficultés de diagnostic des cancers lobulaires :

« Pendant un an, mon médecin généraliste, ma gynécologue et mon radiologue m’ont expliqué que je n’avais rien, s’appuyant sur des images de mammographie absolument parfaites. De mon côté, j’avais un très mauvais pressentiment. J’avais des douleurs dans le sein et des masses facilement palpables. Je n’arrivais plus à dormir sur le ventre. J’ai consulté 5 ou 6 fois. On m’a prescrit des anxiolytiques en m’expliquant que je faisais un burn-out. Je suis revenue à la charge, jusqu’à ce qu’on me fasse une biopsie, qui a révélé une masse de 8 cm : un cancer lobulaire triple négatif et déjà largement métastasé dans mes os. Aujourd’hui, sous chimio depuis 2 ans, j’ai le bonheur de vous dire que je vais plutôt bien, contrairement à mon cancer, qui, bien que royal, va mal ! J’ai dessiné, j’ai écrit et j’ai fait du sport. J’ai découvert des soignants formidables, la force du monde associatif et la militance des malades ».

Pourquoi le diagnostic échappe-t-il parfois aux radiologues ?

La réponse à cette question se trouve dans les caractéristiques des tumeurs lobulaires. Ici, pas d’amas de cellules facilement identifiable à l’imagerie. « Ce sont des cellules tumorales qui ne sont pas accrochées les unes aux autres. Elles infiltrent de façon insidieuse le tissu adipeux du sein, formant une sorte de toile d’araignée », explique le Pr Anne-Vincent Salomon. De plus, elles sont moins souvent associées aux microcalcifications (dépôt de calcium dans le sein), qui sont facilement mises en évidence par la mammographie.  

« L’IRM est beaucoup plus adapté à la détection des cancers lobulaires. Cet examen n’est pas systématiquement indiqué, selon les recommandations nationales. En revanche, il est nécessaire en cas de discordance entre l’examen clinique et l’imagerie », précise le Dr Caroline Malhaire.

Quelles sont les spécificités du cancer du sein lobulaire ?

  • Il survient généralement après 50 ans
  • Il est souvent positif aux récepteurs hormonaux
  • Il est de grade 1 ou 2 dans 85% des cas

Par rapport aux autres types de cancers du sein : 

  • L’envahissement ganglionnaire est plus fréquent 
  • La taille de la tumeur est souvent plus importante
  • Les mutations au niveau du gène HER2 sont plus fréquentes
  • La localisation des métastases est un peu différente, plutôt digestive
  • Les rechutes tardives sont plus fréquentes

En revanche, la survie à long terme est la même et les traitements ne sont, actuellement pas différents.

Quels symptômes doivent alerter ?

  • Une modification du volume du sein ou du mamelon
  • Un écoulement mammaire
  • Un ganglion sous le bras
  • Une masse palpable

« Lorsque ces symptômes durent au moins quelques semaines, il faut consulter son gynécologue et insister pour connaître le diagnostic. Cela peut être bénin, mais il ne faut pas passer à côté d’un cancer » souligne le Pr Paul Cottu.

Quelles sont les pistes pour améliorer le diagnostic et les traitements ?

« L’imagerie évolue avec le développement de la tomosynthèse, indique le Dr Malhaire. Cette mammographie en 3D améliore le taux de détection des cancers du sein, mais augmente un peu la dose de rayonnements X ». 

Autre évolution, l’angiomammographie, qui est l’association de la mammographie avec un produit de contraste. « Cette technique est surtout intéressante pour les seins denses, c’est-à-dire qui apparaissent opaques à l’image, précise la radiologue. C’est une alternative quand il existe des contre-indications à l’IRM ». 

Côté thérapeutique, les chercheurs s’appuient sur les spécificités du cancer lobulaire pour la mise au point de nouveaux traitements. « Les cellules tumorales utilisent les acides gras des adipocytes pour leur croissance, ce qui constitue une piste de recherche », note le Pr Christine Desmedt.

Par ailleurs, les cellules reçoivent des signaux pour activer leur prolifération. Or, les tumeurs lobulaires ont une activation presque continue d’une voie de signalisation spécifique. Des recherches sont menées pour développer de nouvelles thérapies qui ciblent cette voie.

Un consortium européen, c’est-à-dire un réseau de chercheurs, de cliniciens et de patientes, s’est créé pour faire avancer les connaissances sur les cancers lobulaires et développer des essais cliniques. Il est très important de participer à ces essais afin de développer de nouvelles thérapeutiques pour cette maladie, qui est certes moins fréquente que les autres cancers du sein, mais qui n’est pas rare !

Proposée à l’occasion de la 1ère Journée Mondiale des Cancers du Sein Lobulaires initialisée par lobularbreastcanceralliance le 15 ocobre 2024, avec le soutien de l’Institut des cancers des femmes et KULeuven, retrouvez notre webconférence Link Sein “Cancers du sein lobulaires : Quelles spécificités ?Quelles perspectives ?"

une conférence pour répondre à toutes ces questions avec nos invités : 

  • Dr Paul Cottu, oncologue médical à l'Institut Curie
  • Dr Caroline Malhaire, radiologue à l'Institut Curie
  • Pr Anne Vincent Salomon, anathomopathologiste à l'Institut Curie
  • Pr Christine Desmedt, professeur de biologie moléculaire
  • et le témoignage de Françoise Feger, patiente et autrice de "Cancer Royal" dont la voix est portée par Claude Coutier, présidente du CollectifTriplettes Roses

Retrouvez également la brochure sur les cancers lobulaires porposée par le ELBCC en cliquant ici


LinK Sein est un programme proposé par notre association Patients en Réseau et Dis moi santé avec le soutien institutionnel de Gilead, Pfizer, Lilly France et Roche

Source : Patients en réseau et Dis-moi Santé
Date de création : 20/10/2024Date de modification : 23/10/2024
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